les quadeurs du bout du monde

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La Marche du Sel

Au départ de Rennes-les-Bains, sur cette terre des Corbières chargée d'Histoire, Christine, Sylvie, Marc et Jacky on cheminer des sources thermales jusqu'à la fontaine Salée, sur les traces de nos anciens…

Les sources m’ont murmuré…à Rennes-les-Bains, berceau du thermalisme.

Entre Méditerranée et Pyrénées, à 50 kilomètres de Carcassonne et à 25 kilomètres de Limoux, Rennes-les-Bains, située dans la Haute vallée de l’Aude, dans le cadre agréable de la vallée de la Sals, à 310 mètres d’attitude, est une petite cité thermale de caractère.

Grâce à son climat doux et stable, à ses sources froides et chaudes, reconnues depuis fort longtemps pour leurs vertus thérapeutiques, à son patrimoine, Rennes-les-Bains au cœur d’une nature superbe s’affirme comme une station touristique du bien-être et de la randonnée.

Les origines romaines.

L’étude archéologique des vestiges du parc de la Reine effectuée par Alessandri en 1993, permet d’attester du développement d’une activité thermale dès la fin du premier siècle avant J.C., peu après la conquête par le proconsul romain Domitius sur les Volques de ce qui sera plus tard le Languedoc. L’établissement thermal était alors constitué sur deux étages de quatre bassins et deux piscines, dont une rectangulaire et couverte d’une mosaïque bicolore blanche et noire. L’étage inférieur est visible dans le soubassement de la piscine actuelle. Bien sûr, l’établissement a été remanié au cours de l’exploitation romaine, mais il parait assuré que pour son fonctionnement, était utilisé une eau mélangée provenant du captage de la source thermale chaude de la Reine et de la dérivation des eaux à basse température, de la rivière Sals. Les diverses structures thermales et les vestiges romains décrits, d’après le curé Delmas, par Gourdon et Courrent, permettent de penser que Rennes-les-Bains était alors une station thermale importante de la Gaule Narbonnaise. Son nom, Redda, fut attribué plus tard à l’oppidum Visigoth de Rennes le Château, capitale du comté, qui s’appellera des lors tout naturellement, le Razès.

La survie pendant de longs siècles.

Le Moyen Age et son insécurité liée aux invasions barbares et aux luttes d’influence des seigneurs locaux, n’épargna pas Rennes-les-Bains, bien au contraire. C’est dire que pendant de longs siècles, seuls des habitants de proximité utilisaient les installations antiques de plus en plus dégradées.

Renne-les-Bains avait son bain des ladres, les « Bains Doux », mais la tradition veut que ce soit une autre source qui guérit de la lèpre. Elle est dénommée « Bains de la Reine » depuis que Blanche de Castille, exilée au château de Peyrepertuse par son mari Pierre le Cruel, vint s’y baigner. La découverte, selon le curé Delmas, de nombreuses monnaies du moyen Âge et d’objets divers, dont un éperon en fer et une rosette datant des Valois, permettent de penser que Rennes-les-Bains et son activité thermale ont survécu au cours de cette période, ce que confirment Bonnard et Percepied. En 1162, c’est sous l’appellation d’Aquis Calidis, que les bains de Rennes sont colligés parmi les biens du monastère d’Alet. A partir du XIVème siècle et jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, Rennes-les-Bains s’appellera « Baings de Montferrand ». Et c’est par »…bains chaulx comme : à Limons (lire Limoux)… » que Rabelais les désignent dans Pantagruel. Mais en ces temps là, les bâtiments thermaux et les voies de communications restaient précaires dans la plupart des stations thermales françaises.

Ainsi, Gensanne signale l’existence en 1778, de trois établissements comportant uniquement des piscines communes : « Bains Doux », « La Reine », « Bains Forts », alors que Julia, à qui l’on doit la première analyse chimique des eaux, et Labouisse-Rochefort, nous indiquent que l’accès n’était possible qu’à dos de mulet ou de chevaux jusqu’à l’achèvement de la route en 1831. La station était alors la propriété d’Urbain de Fleury qui en en avait fait l’acquisition le 27 floréal an IV lors de la vente de biens nationaux issus de la confiscation par la Révolution, pour cause d’émigration des biens de son père. Les eaux de Rennes-les-Bains étaient connues des milieux scientifiques, puisque Carrere, au nom de la société Royale de médecine, les décrits en 1785 et Allibert premier médecin du Roi, fait de même en 1826.

L’âge d’or.

Il va correspondre, comme ailleurs, au développement des voies de communication, à l’implication de l’Etat avec ses médecins inspecteurs, à l’attrait de la nature cher aux Romantiques, puis à l’avènement du capitalisme à partir du deuxième Empire. A Rennes-les-Bains, tout était localement en place : la route était achevée, les Bains étaient améliorés grâce à l’action de Henry-Paul Elie de Fleury : « la Reine » reçut une buvette, huit cabines de bains en 1858 et le Grand Hôtel de la Reine en 1871. « Les bains doux » virent la construction en 1819 de 10 cabines agencées autour d’une belle galerie, auxquelles fût adjoint en 1854, un bâtiment semi-circulaire autour d’un nouveau captage en remplacement des anciennes piscines, alors que l’ancienne piscine des indigents était remplacée au sous-sol par une salle de douche. « Les bains forts » à partir de 1822, bénéficièrent de cabines de bains et de douches. « L’Hôtel de la Terrasse » vit le jour après 1834. L’action des préfets, comme le baron Trouve, fut primordiale et coordonna celle des ingénieurs des mines, dont le célèbre Jules François, et des médecins inspecteurs, dont Estribaud, Vaysse et Cazaintre. Ce dernier eut un curiste de marque en la personne du grand prédicateur. Le renom de Rennes-les-Bains dépassait les frontières du département et l’on compta alors jusqu’à 5000 curistes. Après le décés de Cazaintre et de Henry de Fleury, la fille de ce dernier, Gabrielle, dilapida les revenus des établissements pour des intérêts personnels au détriment du patrimoine thermal et une enquête fut diligentée en 1883 et en 1884 par le corps préfectoral. La municipalité entreprit des démarches pour faire un forage.

Mais dès 1885, une nouvelle autorisation est obtenue par Mlle de Fleury pour l’exploitation des « Bains Forts » et de « La Reine ». Puis en 1886, ce que n’avait pu réaliser pour la commune son maire, Mr Gastilleur, sa sœur Marie le fît à titre privé pour un nouveau gisement qui prit le nom de « Source Marie ». Enfin en 1889, de nouveaux propriétaires, Mr Colle, Borris et Satge, acquirent aux enchères les anciennes sources de la famille de Fleury avant que celles-ci ne fussent attribuées en 1924, de façon adjudicataires à la société Rennes Thermal qui rénova le patrimoine. L’entre deux guerres fut marquée par une prospérité indéniable.

Le thermalisme social.

Les ordonnances sur la sécurité sociale permirent en 1947 de jeter les bases de ce qu’il est convenu d’appeler le Thermalisme Social. Dès lors, l’accès aux soins thermaux au plus grand nombre, changea rapidement la clientèle des stations thermales devenue moins fortunée et plus nombreuse. Les établissements de soins devinrent plus fonctionnels et moins luxueux, alors que disparaissent l’hôtellerie de prestige au profit de nouvelles structures d’hébergements : pensions de famille, meublés, campings. Ainsi la société Rennes Thermale, qui avait depuis acquis la source Marie concentra ses établissements en un seul : « Les nouveaux Thermes ». Puis suite à des difficultés de gestion, ce fut le dépôt de bilan et la reprise du patrimoine thermal par la commune, ce qui permit dans les années 80, une importante rénovation grâce aux finances publiques dans le cadre d’un contrat thermal.

 

Pour en savoir plus sur les marches du sel, visiter le site de Salicorne, l’association pour le développement du Domaine de l’eau salée de Sougraigne et la promotion des communes riveraines de la sals.

www.salicorne-en-aude.fr

 



04/07/2010
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